Eugène Ionesco

Publié le par Rosario Duarte da Costa

 

 

Eugène Ionesco

 

Issu de parents franco romain, il est né à Slatina (Roumanie) et

fut élevé dans la capitale Française puis, à Mayenne.

Eugène Ionesco inventa une nouvelle forme de théâtre avec

“La Cantatrice Chauve », pièce jouée sans arrêt depuis plus de

vingt ans.

En 1969 il a reçu le Grand Prix Littéraire de Monaco.

En 1970, élu à l’Académie Française.

« Rhinocéros » fut créé à l’Odéon Théâtre de France par Jean-Louis Barrault.

 

«  Ce sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! oh ! comme je voudrais

être comme eux. Je n’ai pas de cornes, hélas : que c’est laid, un front

plat. Il m’en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits

tombants. Ça  viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je pourrai

aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les

paumes de ses mains.) Mes mains sont moites . Deviendron-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc,

et poilu ! comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d’un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur!”

Eugène Ionesco

In : Rhinocéros

Rosario Duarte da Costa

Copyright

06/02/2013  

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dimanche 20 septembre 2009

Rhinocéros- Eugène Ionesco / Actualité

«Rhinocéros», de Eugène Ionesco. Dans l'actualité. La pièce, «Rhinocéros», de Eugène Ionesco est jouée partout dans le monde, aujourd'hui comme hier. Son succès ne se dément pas. Et pour cause, c'est une pièce intemporelle et universelle. Ce qui surprend c'est que: «En Iran, "Rhinocéros" écrase tout sur son passage. Une adaptation de la pièce d'Eugène Ionesco a été le spectacle le plus vu à Téhéran l'an passé. (...) 25 674 billets ont été écoulés. Pour se faire idée de ce que représente ce succès, il faut savoir que le deuxième spectacle le plus populaire ne totalise que 4 801 entrées et le troisième 390», écrivait Baptiste Touvery, dans son article «Ionesco cartonne en Iran», sur BibliObs. Pierre Assouline en glissait un mot: «"Rhinocéros" triomphe en Iran» (République des livres). Que les principaux comédiens soient des stars de cinéma, ça n'y change rien: c'est partout pareil... (par exemple, un cas célèbre, Michèle Morgan).

Jamais un sans trois... Du même coup, j'apprenais que la BNF (Bibliothèque Nationale de France)*, en partenariat avec Ina, Le Magazine littéraire, France 5, présentera bientôt une exposition consacrée à l'oeuvre de Eugène Ionesco. Pour marquer le centenaire de la naissance du Fondateur du «théâtre de l'absurde» et le don de ses archives par sa fille à la BNF. Ce qui me fait penser au «fâmeux» Rhinocéros bleu de la station du Louvre (!), qui galope sur Internet, et me laisse perplexe...
Quoi qu'il en soit, le «Rhinocéros» est dans le texte: c'est là qu'il charge...

Le «Rhinocéros», de Eugène Ionesco.
Le propos. Dans une ville, une étrange maladie se répand: la «rhinocérite». Elle transformera, peu à peu, les habitants en rhinocéros, sauf Béranger.

Extrait tiré du début - Dialogue entre Jean et Béranger:
J. Vous êtes dans un triste état, mon ami.
B. Dans un triste état, vous trouvez?
J. Je ne suis pas aveugle. Vous tombez de fatigue, vous avez encore perdu la nuit, vous bâillez, vous êtes mort de sommeil...
B. J'ai un peu mal aux cheveux...
J. Vous puez l'alcool!
B. J'ai un petit peu la gueule de bois, c'est vrai!
J. Tous les dimanches matins, c'est pareil, sans compter les jours de la semaine.
B. Ah non , semaine c'est moins fréquent, à cause du brueau...
J. Et votre cravate où est-elle? Vous l'avez perdue dans vos ébats!
B. mettant la main à son cou __ Tiens, c'est vrai, c'est drôle, qu'est-ce que j'ai bien pu en faire?
J. sortant une cravate de la poche de son veston __ Tenez, mettez celle-ci.
B. Oh, merci, vous êtes bien obligeant (il noue la cravate à son cou).
J. pendant que Bérenger nous sa cravate au petit bonheur __ Vous êtes tout décoiffé! B. passe les doigts dans ses cheveux
B. Tenez, voici un peigne! Il sort un peigne de l'autre poche de son veston.
J. Merci! il se peigne vaguement.

Et le même manège continue: pas rasé... vêtements chiffonnés, chemise sale, souliers pas cirés, poussière blanche sur les épaules . Quand Bérenger se regarde dans le miroir (pas rasé!) et tire la langue et dit:« J'ai la langue bien chargée», Jean lui annonce une cirrhose: «Ce n'est pas étonnant! La cirrhose vous menace, mon ami.»

La rhinocérite
Toute la ville attrapera la rhinocérite, une étrange maladie... qui illustre la montée du nazisme, du fascisme, du stalinisme, du totalitarisme, de l'endoctrinement, de la fanatisation.
Béranger, l'alcoolique le non-conformiste, le résistant -si je puis dire ainsi- n'en sera pas atteint. Il est en marge de la société.

Ionesco dira de sa pièce: «Bien qu'elle soit une farce, elle est surtout une tragédie... Nous assistons à la transformation mentale de toute une communauté. (...)
Un homme assiste impuissant à la transformation de son monde contre laquelle il ne peut rien,. Il ne sait plus s'il a raison ou non, il débat sans espoir, il est le dernier de son espèce. Il est perdu.»

Dans la ville, les petits fonctionnaires -de service- se métamorphosent en rhinocéros. Protégés par leur carapace, (leur uniforme...), ils détruisent tout ce qui ne leur ressemble pas. Sauf Bérenger représentant la minorité... d'irréductibles.

Place au théâtre! Un... deux... trois.... Rideau!

___

Psitt! Au fait, avez-vous déjà rencontré un Rhinocéros, un grand ou un petit, près de chez-nous? Dans votre milieu de travail, ou ailleurs...? Prenez garde, il n'existe pas de vaccin... contre la rhinocérite.

Paperblog

 

 

 

 

Publié dans Dialogues

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litteratus 15/02/2013 12:41

Pour aller encore plus loin : retrouvons nos chers Rhinocéros :
http://www.gazettelitteraire.com/article-une-horde-de-rhinoceros-a-l-assaut-d-une-ville-ionesco-83538069.html

Rosario Duarte da Costa 18/02/2013 10:09



Merci, pour votre information. Continuons ensemble.


Bonne journée!