C’est vieux déjà mais... "La Fabrique d’une Nation de Claude Nicolet"

Publié le par Rosario Duarte da Costa

La fabrique d'une nation 

 

C’est vieux déjà mais...

La Fabrique d’une Nation de Claude Nicolet

 

A la veille des élections Présidentielles, il me vient à l’idée le

livre de Claude Nicolet, qui est déjà vieux mais…

C’est quoi la France ?!

Être citoyen, dans les banlieues, au sein de la République ?!

C’est quoi le citoyen ?

Et la nation ?!

Chambardé entre droits et devoirs, attaché à ses racines : origines,

langue et culture, lié à sa communauté, comment vivre ensemble,

au sein de la nation ?!

Bon livre à lire. Une réflexion sûrement. Pour avancer, comme

citoyen au sein de la nation

Rosario Duarte da Costa

Copyright

26/04/2012

 

www.scienceshumaines.com

La Fabrique d'une nation. La France entre Rome et les Germains

Thomas Lepeltier
 

La France s'est souvent penchée sur ses origines. Par simple curiosité ou, plus fondamentalement, pour y lire à chaque époque le sens des événements présents. Adoptant implicitement

 

l'idée que tout être, qu'il soit individuel ou collectif, était moins modelé progressivement par sa culture et son expérience que donné une fois pour toutes, nombreux furent en effet ceux qui considérèrent que tout l'avenir de la nation était, d'une certaine manière, déjà contenu dans ses origines. Encore fallait-il s'entendre sur ce qu'étaient ces dernières. Ce qui fut loin d'être le cas tant, en ce domaine, les opinions ont régulièrement varié au cours de l'histoire. Comme nous le rappelle ici Claude Nicolet, les Français ont alternativement prétendu descendre des Troyens, des Francs ou des Gaulois, et ont même parfois élaboré des théories selon lesquelles les Troyens et les Francs descendaient eux-mêmes des Gaulois ! Les débats les plus passionnés apparurent au xviiie siècle quand l'alternative « Francs ou Gaulois » se mit à véhiculer l'idée conflictuelle que la France était constituée de deux peuples, voire de deux races : d'un côté, la noblesse qui descendait des Francs conquérants ; de l'autre, la roture qui descendait des Gaulois conquis.

 

Vision des origines qui fut bien sûr explosive lors de la Révolution française et qui allait encore jouer un rôle au xixe siècle. Mais au centre de toutes ces spéculations sur les « grands ancêtres » planait toujours la question de Rome. Se rattacher aux Romains, qui avaient été les maîtres incontestés du « monde », fut en effet pour la monarchie une façon de justifier son pouvoir. Ce fut également, pour nombre de Français, une façon de prétendre qu'il leur revenait de porter haut le flambeau de la civilisation qu'avait incarnée Rome. Aussi peut-on dire que la nation fut régulièrement partagée entre les héritages romains, germains et gaulois. Mais, aussi précis soit-il, le propos de C. Nicolet n'est pas vraiment de décrire en détail l'ensemble de ces interprétations sur l'origine des Français, comme a pu le faire pour la période médiévale Colette Beaune au début de son livre, Naissance de la nation France (Gallimard, 1985). Ce parcours historiographique n'est là que pour nourrir une méditation sur la form

Claude Nicolet, Perrin, 2003, 372 p., 23 €.

ation de la nation française qui invite finalement à prendre ses distances avec de tels discours. C'est que, pour l'auteur, le seul fondement légitime d'une nation c'est, au bout du compte, le « vouloir vivre ensemble ».

 

 

Publié dans Dialogues

Commenter cet article