Vénus
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ARTHUR
RIMBAUD
Jeune révolté mais fascinant,
dont l’œuvre a transpercé les murs de nos cœurs !
Des pas, des sanglots…de l’amour entre deux eaux…
un éclair dans la nuit qui perfore les étoiles…
Un mot…une magie…
un hymne à la terre, un hymne à la Vie…
Rosario Duarte da Costa
Copyright
04/11/2009
( à poetisa Rosa Leonor Pedro e Gigi Melo Valente)…
à Paco...
à tous ceux que j’aime!
SOLEIL ET CHAIR
« SOL E CARNE »
Le soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse L’amour brûlant à la pierre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang ;
Que son immense sein, soulevé par son âme,
Est d’amour comme Dieu, de chair comme la femme,
Et qu’il renferme, gros de sève et de rayons,
Le grand fourmillement de tous les embryons !
Et tout croît, et tout monte !
- Ô Vénus, Ô Déesse !
Je regrette le temps de l’antique jeunesse,
Des satyres lascifs, des faunes animaux,
Dieux qui mordaient d’amour l’écorce des rameaux.
Et dans les nénuphars baisaient la nymphe blonde !
Je regrette le temps où la sève du monde,
L’eau du fleuve, le sang rose des arbres verts
Dans les veines de Pan mettaient un univers !
Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre
Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre
Modulait sous le ciel le grand hymne d’amour ;
Où, debout sur la plaine, il entendait autour
Répondre à son appel de Nature vivante ;
Où les arbres muets, berçant l’oiseau qui chante,
La terre berçant l’homme, et tout l’Océan bleu
Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !
Je regrette le temps de la grande Cybèle
Qu’on disait parcourir, gigantesquement belle,
Sur son cher d’airain, les splendides cités ;
Son double sein versait dans les immensités
Le pur ruissellement de la vie infinie.
L’Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie,
Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.
Parce qu’il était fort, l’Homme était chaste et doux.

Cybèle
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Misère ! Maintenant il dit : Je sais des choses,
Et va, les yeux fermés et les oreilles closes.
Et pourtant, plus de dieux ! plus de Dieux ! l’Homme est Roi,
L’Homme est Dieu ! Mais l’Amour, voilà la grande Foi !
Oh ! si l’homme puisait encore dans sa mamelle,
Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ;
S’il n’avait pas laissé l’immortelle Astarté
Qui jadis, émergeant dans l’immense clarté
Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
Montra son nombril rose où vint neiger l’écume,
Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs,
Le rossignol aux bois et l’amour dans nos cœurs !
In: Le Bateau Ivre

Astarté
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