Anna Akhmatova

Publié le par Rosario Duarte da Costa

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akhmatova

 

 

Anna Akhmatova

 

Dans les années 70, j’ai participé à l’Association France-URSS

à Lyon, où j’avais la possibilité d’accéder à beaucoup de choses

dont la littérature russe.

J’ai beaucoup aimé depuis toujous d’Anna Akhmatova, et j’ai

eu la chance de participer à différents coloques à Lyon.

Il faut dire cependant qu à cette période il y avait encore

beaucoup de méfiance du gouvernement Français, à l’égard des

pays de l’Est, la surveillance étant particulièrement vivace !

Toujours à cette époque, j’ai fait connaissance avec un cosaque,

avec qui j’ai maintenu correspondances durant plusieurs années.

Ce garçon « ingénieur de formation », adorait la poétesse et, m’a

permis de la lire autrement.

Voici quelques poèmes, extraits d’wikipédia !

 akhmatova

 

Les Amours d’Anna Akhmatova

La poésie d’Anna Akhmatova, mariée plusieurs fois, est sans détours, sensible et profonde. Ses poèmes sont plus une douce description de son expérience de la vie, décrivant les rendez-vous manqués, ou à l’inverse les ruptures amoureuses : elle ne transige pas avec elle-même lorsque le compagnon n’est pas à sa hauteur :

Nous avons réussi à nous séparer,
A éteindre un feu dont nous étions las.
Ennemi de toujours, il est temps pour vous
D’apprendre à aimer quelqu’un en vérité (p.136)

Plus de trahisons, plus de perfidies,
Mais tu n’entendras pas avant le jour
Couler le ruisseau des preuves qui font
Que je suis juste, incomparablement (p.187)

Rupture

Voici le rivage de la mer du Nord.
Voici la limite de nos malheurs et de nos gloires, –
Je ne comprends plus : est-ce de bonheur,
Est-ce de regret que tu pleures,
Prosterné devant moi ?
Je n’ai plus besoin de condamnés,
De captifs, d’amants, d’esclaves ;
Quelqu’un que j’aime qui soit flexible
Partagera seul mon toit et mon pain (p.157)


Le Regard d’Anna Akhmatova

Or ces déceptions des uns et illusions des autres proviennent de ce qu’elle posait un autre regard sur la vie, comme elle le dit elle-même plusieurs fois, sans ambages : « Je l’ai compris : les mots sont inutiles (p.82) ». C’est même une âme qui tôt découvrit un grand secret de l’humanité :

Le vingt et un. La nuit. Lundi.
Les contours de la ville dans la brume.
Je ne sais quel nigaud a prétendu
Que l’amour existe sur terre.
Paresse ? Ennui ? On y a cru.
On en vit ; on attend le rendez-vous.
On craint la séparation.
On chante des chansons d’amour.
D’autres découvrent le secret ;
Un silence descend sur eux…
Je suis tombé là-dessus par hasard.
Depuis, je suis comme malade (p.104, 1917)

A cet égard, on peut aussi noter la récurrence du thème des yeux, et leur opposition à l’aveuglement par exemple :

Tu n’as que faire de mes yeux
Qui sont prophétiques et constants (p.78)

Tes yeux, je te défends de les lever vers moi.
Epargne ma vie.
Ils sont plus clairs que les violettes nouvelles,
Mais mortels pour moi (p.82)

On dirait un frère. Tu te tais, fâché.
Mais si nos yeux se rencontrent,
J’en jure par les cieux,
Le granit fondra au feu (p.135)

La fraîcheur des mots, le sentiment simple,
Si nous les perdions, nous deviendrions
Des peintres sans yeux, des acteurs sans voix,
De belles femmes sans beauté.

Mais ne tente pas de garder pour toi
Ce dont les Cieux t’ont fait présent.
Nous sommes condamnés – nous le savons –
A dissiper, et non à amasser.

Marche tout seul et guéris les aveugles,
Pour éprouver quand vient l’heure du doute,
La raillerie méchante des disciples
Et l’indifférence de la foule (p.80, 1915)

Rosario Duarte da Costa

Copyright

12/10/2012

Publié dans Poésie

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