Entre Communisme et Capitalisme!

Publié le par Rosario Duarte da Costa

 Hier, un de mes amis m'évoquait la crise financière et économique en Espagne! 
 Je lui disais que la France ne va pas mieux…  
 Je lui expliquais le fait que tout cela émane d'un système 
financier et d'une économie inadaptés à nos sociétés, auxquelles
on a imposé de nouveaux modes de fonctionnement, d'autres
styles de vie en leur imposant de nouveaux modes de
consommation
. Cela vient encore du déséquilibre entre
les pays riches et pays pauvres
, du gaspillage outrancier,
des profits d'un petit nombre contre la majorité qui est
puni d'avoir tout donné au travail, pour l'économie...
Durant les trente dernières années, les Grandes Ecoles de
Gestion, du Commerce International ainsi que les Universi-
tés
, ont vendu des systèmes de Management
(Financier- Qualité-Ressources Humaines...)
qui est devenu
corrompu!
Où allons-nous (?!), avec qui, et comment ? Dites-moi, avec
quels moyens et quel Objectif ?!
Si l'on a achevé avec le grandes Entreprises Paternalistes
(voir Berliet par exemple, on les a remplacées par de très grands
monopoles dont l'objectif est de remplir à prix fort les poches
de leurs actionnaires, donc, le capital financier passe bien avant
le capital humain!
Disais-je à mes amis " indépendamment d'aimer ou de ne pas
aimer le communisme". Ah! Si Karl Marx était là il
se mettrait à rire de notre système capitaliste!



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Voici un article de H. Chevrillon de 1995, qui a vu clair il y a plus de dix ans!
Rosario Duarte da Costa
29/01/2008
(Copyright)

LA FIN DU CAPITALISME A LA FRANCAISE

Hedwige CHEVRILLON -  23/11/1995  - L'Expansion 
 
 Je vois un changement complet du paysage du capitalisme français. Michel David-Weill, le chef des Maisons Lazard, observateur privilégié du monde des affaires, ne mâche pas ses mots. Selon lui, le système des noyaux durs, fondement des privatisations à la française, a vécu . Reste à savoir par quoi on peut le remplacer. Son témoignage n'est pas isolé. Les grands acteurs de la comédie des noyaux durs disent la même chose avec d'autres mots : Marc Viénot à la Société générale, Serge Tchuruk chez Alcatel ou Antoine Jeancourt-Galignani aux AGF.

On l'appréhende. On le constate. Les noyaux durs sont en phase de ramollissement. Voire de décomposition. Les signes apparaissent ici ou là. Les conditions de l'éviction de Pierre Suard (Alcatel) ou de Gérard Worms (Suez), les privatisations laborieuses de Pechiney ou de Renault. L'attitude du président des AGF donne le ton. Tout en saluant le travail formidable d'André Levy-Lang à la tête de Paribas, il n'a pas hésité à provisionner sa participation dans la banque de la rue d'Antin et à s'interroger publiquement sur l'opportunité de son maintien dans le cercle étroit des actionnaires privilégiés de Paribas. Les affaires sont les affaires : l'assureur n'a plus les moyens de fermer les yeux. Démarche encore plus radicale chez Alcatel. Il n'aura fallu que deux semaines à Serge Tchuruk, son nouveau président, pour tirer un trait sur la Générale occidentale, démêler ses liens avec la CEP et sceller un accord avec Havas. Et le PDG d'Alcatel inscrit en tête de son programme de choc la cession de 10 milliards de francs d'actifs, parmi lesquelles on compte des positions dans le CCF, la Générale des eaux, Lafarge, Peugeot ou la Société générale.

Les noyaux durs sont nés avec les premières privatisations de 1986-1988. Ils furent rebaptisés groupements d'actionnaires stables après 1993. L'intention initiale était claire : protéger les entreprises françaises, tout juste tombées du nid de l'Etat, des convoitises étrangères. L'ambition était légitime, il fallait leur laisser le temps de grandir et de prendre leurs marques en mettant en place un maillage serré autour de leur capital. A elles, ensuite, de s'organiser. Mission accomplie, par exemple, dans le cas de Saint-Gobain. Lors de sa privatisation, en novembre 1986, le groupe pesait 6 milliards en Bourse. Aujourd'hui, il en vaut près de 50.

L'effet noyaux durs a très vite révélé ses limites. Il a abouti à une multiplication des liens réciproques en capital, à une confusion générale du paysage capitaliste. Faute d'argent, chacun ne pouvait que prendre des strapontins au tour de table de ses alliés fictifs. Il fallait trouver un palliatif. Ce fut l'apparition de ces galaxies autour de deux ou trois pôles plus stables, mais aussi plus vagues. L'illustration parfaite ? La galaxie BNP-UAP-Saint-Gobain-Suez-Elf. Une merveille du genre ! Pas moins de quatorze relations reconnues aujourd'hui comme incestueuses (voir schéma). Quant à la deuxième galaxie, la plus ancienne, celle qui gravite autour des premières privatisées, la Société générale et Alcatel, elle est moins complexe, mais tout aussi représentative de ce maillage contre-productif.

Aujourd'hui, la question est sur toutes les lèvres : le jeu en vaut-il la chandelle ? Selon différentes estimations, le jeu de ces croisements immobiliserait entre 110 et 150 milliards dans les comptes des entreprises financières et industrielles. Soit près de 10 % de la capitalisation de l'indice CAC 40 et près de 5 % de la capitalisation totale du Palais Brongniart.

Le constat est là, évident. La banque-industrie, sous ses différentes formes, a fait long feu en France. Hésitant entre le capitalisme à l'anglo-saxonne, où les marchés boursiers sont rois, et le capitalisme rhénan, propice aux mariages mixtes, le capitalisme français mêlant la finance et l'industrie avait tenté de trouver une troisième voie. A l'image de notre économie, qui n'a jamais cessé d'osciller entre libéralisme et colbertisme. Mais on le sait désormais : notre capitalisme va basculer dans l'orbite des marchés car il ne possède pas les moyens du capitalisme à l'allemande. Ou du moins de ses acteurs clés.

Le krach de l'immobilier a sonné le glas des participations croisées Le détonateur de cette mutation ? Tout d'abord, la déroute du Crédit lyonnais, qui va se manifester par la mise sur le marché de plus de 40 milliards de francs de participations, sonnant le glas des rêves de Deutsche Bank à la française. Ensuite, l'affaiblissement sans précédent des banques et des compagnies d'assurances françaises victimes, entre autres, de la crise de l'immobilier. Ce qui les oblige à modifier leur politique d'investissement et à opérer des coupes claires dans leurs portefeuilles de participations, même historiques. Les institutions financières souffrent d'une situation très dégradée, juge un observateur privilégié du monde des affaires

Publié dans Dialogues

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